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L'exposé qui suit se
propose de fournir les grandes lignes de mon parcours universitaire.
Il présente les logiques qui ont organisé mes activités
d'enseignement et de recherche dans les Universités de
Montpellier et Strasbourg où j'ai enseigné.
Né en 1963, j'obtiens le baccalauréat en juin 1982.
Après avoir suivi la filière "noble"
attestant de la réussite scolaire (seconde et première
C), je me présente à un bac littéraire dans
lequel le français, la philo, les langues et l'histoire
se partagent les coefficients. En septembre de la même
année, j'entre à l'UEREPS de Lyon, certainement
beaucoup plus motivé par la présence de mon amie
d'alors que par le contenu des études et les perspectives
de professionnalisation (alors réduites à la formation
au professorat d'EPS). J'obtiens le DEUG en trois ans, menant
une vie militante importante au sein de l'UFR, de l'Université
et au plan national (coordination nationale des étudiants
alors rassemblés sous l'appellation d'étudiants
en EPS).
Après avoir effectué mon service militaire à
Lyon, je quitte la ville pour effectuer une licence STAPS (mention
activités physiques adaptées à l'UFRSTAPS
de Montpellier). Nous sommes à l'automne 1986 et les étudiants
descendent dans la rue pour combattre la loi Devaquet. Une nouvelle
fois, le temps passé sur le banc des amphis est bien inférieur
à celui inscrit à l'emploi du temps.
La diversité des enseignements reçus à Lyon
puis à Montpellier me rend sensible à la perspective
d'entreprendre une recherche. La rencontre avec Pierre Arnaud
(à Lyon) y fut sans doute pour beaucoup. De même
que fut déterminante la lecture de Sociologie politique
du sport de Jean-Marie Brohm, moins sans doute pour son contenu dont je n'avais pas saisi toute la portée en première année, que pour ce que j'entendis dire sur cet auteur par des enseignants censés me transmettre un savoir sur une oeuvre que, visiblement, ils n'avaient pas lue.
Ma formation s'est donc aussi faite grâce aux insuffisances
de certains de mes enseignants, grâce auxquels j'ai appris
que je n'avais pas besoin d'eux pour apprendre. Et, qu'en revanche,
mes propres lectures pouvaient s'avérer bien plus riches
et fécondes que leurs cours, aux plans didactiquement
organisés et aux contenus creux, plus propices donc à
la prise de note et à l'évaluation qu'au travail
de formation de la pensée critique.
Parcours professionnel
Cependant, malgré les premiers picotements m'incitant
à produire une recherche personnelle et à produire
des connaissances nouvelles, j'ai opté pour les concours
de la fonction publique pour des raisons alimentaires. Reçu
au CAPEPS en 1988 puis à l'agrégation d'EPS en
1989, ces réussites ont initialement orienté mes
activités professionnelles et de recherche. Après
avoir enseigné un an au collège Paul Verlaine,
Aux Mureaux (78), je prends une disponibilité pour effectuer
mon DEA STAPS à Montpellier. J'y suis vacataire et interviens
auprès des étudiants de DEUG, de licence et auprès
des candidats aux concours.
Marqué par ma formation professionnelle et par les questionnements
laissés ouverts par la préparation aux concours,
mes activités d'enseignement théorique (de 1989
à 1993) ont essentiellement porté sur l'histoire
de l'éducation physique scolaire. Ces enseignements étaient
élaborés à partir de la littérature
disponible et de mes premières recherches, alors que j'occupe
deux années durant le statut d'Attaché temporaire
d'enseignement et de recherche (ATER, Université Montpellier
1).
A partir de l'année universitaire 1993-1994, recruté
à l'UFRSTAPS de Strasbourg, et titulaire d'un DEA de sociologie,
mes enseignements se sont enrichis de l'encadrement d'une UV
de sciences sociales, puis d'une UV d'histoire du sport. Parallèlement,
je poursuivais la préparation aux concours de recrutement
aux fonctions de professeur d'EPS (CAPEPS et agrégations
externes et internes).
De retour à Montpellier depuis septembre 1996, je poursuis
ces deux axes d'enseignement (histoire du sport et sociologie
du corps).
Je suis ainsi passé à une orientation d'enseignement
et de recherche bivalente. Progressivement en effet, à
partir de mon DEA de sociologie (soutenu en 1993, à l'Université
Paul Valéry, Montpellier III sous la direction de Jean-Marie
Brohm), je me suis investi dans des UV ou des modules de sciences
sociales pour monter et coordonner de nouveaux enseignements
au sein de l'IUP nouvellement créé à la
Faculté des Sciences du sport à Montpellier ou
dans le cadre des nouvelles maquettes du DEUG (Anthropologie
de la performance, Éducation corporelle).
Implication dans la recherche
Ce parcours en matière d'enseignement se retrouve
logiquement au niveau de la recherche. Les premières d'entre
elles étaient inspirées de questionnements issus
de la préparation aux concours. Elles partaient de la
volonté de contribuer à la constitution d'un corpus
pour lequel " l'essentiel de l'histoire reste à
faire " selon Pierre Arnaud (1987). D'où ma thèse.
Le questionnement consistait à interroger la manière
dont se sont constituées et diffusées les croyances
de l'éducation physique et d'en comprendre les fonctions
(pédagogiques, institutionnelles, idéologiques...)
pour l'organisation d'une action collective. Ma démarche
a constitué à produire une analyse qualitative
de discours. Les résultats de cette recherche ont été
diffusés dans des revues du champ.
Cependant ce travail centré sur l'institution scolaire
a généré une curiosité plus large
que j'ai cherché à satisfaire à partir de
1992-1993 en engageant des travaux visant à la compréhension
des imaginaires et des symboliques corporels et sportives. L'entame
d'un troisième cycle de sociologie à l'Université
Montpellier 3 (1992-1994), la participation depuis sa création
(1992) au laboratoire Corps et culture de l'Université
Montpellier 1, la contribution (de 1990 à 1996) à
la revue Quel Corps ?, la fondation de la revue Quasimodo
(1996) m'ont permis de développer de nouveaux axes de
recherche. Toujours centrés sur l'analyse des discours
et des imaginaires, ils tentent d'élucider les mécanismes
grâce auxquels s'établissent les certitudes, les
croyances et les passions collectives portant sur la pratique
sportive (nationalismes, insertion par le sport, violences sexuelles
dans le sport, dopage, etc.) et les pratiques corporelles (corps
incarcérés, performances artistiques, échangisme,
modifications corporelles, etc.).
Ces travaux s'orientent désormais sur les imaginaires
collectifs à partir desquels se perpétuent certains
traits de la culture mais qui en assurent également le
renouvellement. J'essaie notamment de contribuer à la
compréhension des faits sociaux à partir d'une
étude de la corporéité et des significations
qu'elle véhicule, des normes auxquelles elle répond
ou qu'elle bouscule, des valeurs qu'elle véhicule, et
des croyances qui en orientent les manifestations publiques ou
privées.
Ces dernières années, mon travail s'est enrichi
d'une approche anthropologique. Mon travail actuel sur les contre-cultures
corporelles, les modifications corporelles ou les pratiques sexuelles
marginales font ainsi l'objet d'un travail de monographie et
de recueil de données auprès des acteurs.
Par ailleurs je participe activement à la publication
de la revue Quasimodo qui a publié en mai 2000
son 6è numéro qui porte sur le thème des
fictions de l'étranger. En marge de l'Université,
cette revue assure la liberté d'objet, de ton et de démarche
me permettant aujourd'hui de structurer mes recherches, d'en
assurer la diffusion, tout en contribuant à porter un
regard engagé (et armé) sur le monde. C'est ce
regard qui alimente mes enseignements, considérant l'Université
comme un lieu de formation intellectuelle dans lequel la polémique
et le travail de la pensée ont leur place tout autant
que la transmission des savoirs les plus académiques.
C'est ce regard porté sur le monde que j'essaie de faire
partager aux étudiants, en articulant les fondements théoriques
de l'analyse anthropologique et les réalités concrètes
auxquelles ils sont confrontés. Les cours donc, résultent
de ce parcours, intellectuel, mais aussi militant, et de mes
engagements pour des principes auxquels je crois. |