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Comment se définit le dopage ?
Une définition classique (adoptée en 1963 au Colloque européen d'Uriage sur le dopage) considère "comme dopage l'utilisation de substances et de tous moyens destinés à augmenter artificiellement le rendement en vue ou à l'occasion de la compétition, ce qui peut porter préjudice à l'éthique sportive et à l'intégrité physique et psychique de l'athlète".

La loi française du 29 juin 1989, reprend cette logique et "interdit à toute personne d'utiliser, au cours des compétitions et manifestations sportives (...) ou en vue d'y participer, les substances et les procédés qui, de nature à modifier artificiellement les capacités ou à masquer l'emploi de substances ou de procédés ayant cette propriété, sont déterminés par arrêté conjoint des ministres chargés des sports et de la santé."

De son côté, le Comité International Olympique (C.I.O.) ne propose pas de définition "officielle". La publication d'une liste (régulièrement mise à jour) de produits ou de pratiques interdites fait office de table de loi et remplace toute définition. C'est ainsi qu'Alexandre de Mérode, Président de la Commission médicale du Comité International Olympique considère que cette liste "est elle-même la définition du dopage."

Dans cette logique, la Conférence mondiale sur le dopage dans le sport, dans sa déclaration du 4 février 1999, à Lausanne, Suisse, le définit comme "l'usage d'un artifice (substance ou méthode) potentiellement dangereux pour la santé des athlètes et/ou susceptible d'améliorer leur performance, ou la présence dans l'organisme de l'athlète d'une substance ou la constatation de l'application d'une méthode qui figurent sur une liste annexée au Code Antidopage du Mouvement olympique."

En définitive, le dopage est donc exclusivement défini par une liste ou plutôt par plusieurs listes qui se superposent dans le temps (chaque liste proposant une mise à jour des précédentes) mais aussi d'une institution à l'autre (CIO, fédérations internationales, nationales, etc.)

 



- Le dopage est défini par la prise de produits supposés accroître artificiellement le rendement de l'organisme et par conséquent les performances. Ceci suppose de poser ce qui différencie un accroissement naturel d'une modification artificielle de ce rendement. Or, qu'est-ce que l'entraînement sportif si ce n'est le recours à un ensemble de procédés artificiels (non naturels) visant à accroître la performance ?
- Ou se situe la limite entre le développement naturel des compétences et leur sollicitation artificielle (c'est-à-dire instumentalisée) ?
- Peut-on considérer comme répondant à une logique de dopage le recours à des produits "naturels" (des plantes, des oligo-éléments, des vitamines, des "compléments alimentaires") permettant pourtant de modifier les capacités de l'humain ?
- Le caractère artificiel de l'accroissement du rendement serait-il dû au recours à des produits dits "chimiques" ou à l'usage d'artifices (mêmes naturels) permettant de compenser ou d'accroître les réserves de l'organisme ?
- En outre, des produits permettant d'accroître la performance mais ne portant pas atteinte à l'intégrité des individus peuvent-ils être considérés comme dopants ?
- De même, que vaut cette restriction, alors que la pratique sportive intensive porte atteinte à cette intégrité, et que certains sports se fondent même sur la destruction de cette intégrité (gain d'un match par KO en boxe par exemple) ?
- Et quels sont les critères de cette éthique à laquelle porterait préjudice la prise de ces produits ?
- Le dopage se définissant pas l'existence d'une liste interdisant un certain nombre de substances, faut-il considérer comme dopants des artifices ne figurant pas sur cette liste ?
- Par ailleurs, le monde sportif étant organisé autour de plusieurs strucures de pouvoir, peut-il y avoir dopage lorsqu'une institution (par exemple le CIO) retient sur sa liste comme interdits, des produits non reconnus comme tels par une autre institution (par exemple une fédération sportive nationale) ?

 

 

 

 

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 Qu'est-ce que le doping ?


"C'est la contribution des progrès de la chimie moderne à l'amélioration des performances physiques"

 Mais "pourquoi cette contribution de la chimie à tous les secteurs de l'activité humaine (...) non seulement n'est pas interdite mais au contraire encouragée et subventionnée par l'Etat ? Pourquoi est-elle pénalisée dans le seul domaine sportif ? Pourquoi veut-on interdire aux hommes de devenir grâce à la chimie (...) plus performants, plus forts, plus résistants, plus rapides ?"

Dr Jouravleff, cité dans Drogues et dopage, Paris, Chiron (Quel Corps ?), 1987, p.9


Piste de réflexion : quelles sont les implications, en matière de définition, de la prise de position de Juan Antonio Samaranch (Président du Comité International Olympique) :
"Je suis en faveur d'une réduction drastique de la liste des produits dopants (...) tout ce qui ne porte pas atteinte à la santé de l'athlète ne peut pas être considéré comme du dopage." (12/08/98)
Quelles conséquences peuvent découler d'une telle proposition ?

Ainsi, le dopage est défini par le recours à des produits interdits aux sportifs ou par le recours à des pratiques jugées illicites par l'institution sportive. La réalité du dopage se caractérise si et seulement si des substances figurant sur une liste ont été utilisées. Cette interdiction se fonde sur trois arguments majeurs :  1) ces produits augmenteraient artificiellement le rendement
 2) ils seraient de nature à porter atteinte à l'intégrité de l'individu
 3) leur usage serait contraire à l'éthique sportive ou médicale

 

 

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